Bon ben voilà,
On y avait pensé, on savait que ça allait arriver. On n’a eu beau ne pas y croire pendant longtemps, mais la réalité nous a rattrapé.e.s…. C’est la dernière newsletters !
Je sens en vous le désespoir gronder, l’émotion vous submerger. Il va falloir que vous soyez fort.e.s pour surmonter le vide, que dis-je l’abîme, que va laisser l’absence de ces péripéties qui ont pimenté votre petit-déjeuner ou votre lecture du soir avant de vous endormir. Finie cette légère impatience lorsque l’ordinateur du bureau tardait trop à s’ouvrir ! Finie l’excuse de ne pas pouvoir mettre la table pour cause de lecture urgente.
Allez, consolez vous, il en reste encore une.
Ce matin, c’est le réveil qui m’a sorti du lit. Je pense être parvenu à quitter la chambre discrètement. J’ai envie de partir assez tôt pour être sûr d’arriver à Bayonne avant 17h pour choper un train pour Toulouse.
Je suis prêt à 8h, petit-déjeuner compris. Seul problème, le personnel ne sait plus où est la clé du local à vélo (je jure que je n’y suis pour rien!).
Ce sera donc un départ à 8h30.
La baie de San Sébastien est vraiment jolie. Une foule de joggers occupent la piste cyclable, mais l’ambiance est détendue.
Petites routes sympas toute la matinée avec du relief. De la forêt et des pâtures, et puis de temps en temps la mer en fond de paysage. Et surtout des magnifiques pistes cyclables dans toutes les villes espagnoles. Un régal.
A Irun, il y a une course cycliste. Des gamins qui envoient. Je m’arrête pour regarder un peu et tombe par hasard sur Mamadou, le guinéen croisé dans le bus hier. Il a dormi dans la rue cette nuit et attend un bus pour Bordeaux en buvant un café. Ça me fait plaisir de le recroiser. J’espère qu’il arrivera à rester en France.
A la sortie d’Irun, la piste longe une rivière, la Bidassoa, et après la traversée du pont qui l’enjambe, contre toute attente : la France! C’est bizarre, mais c’est comme si je ne m’y attendais pas. Pourtant pas de doute, j’y suis. Tous les panneaux, toutes les enseignes sont en français. Me voici donc à Hendaye.
Je longe donc la côte basque française du haut de la corniche. Au loin on aperçoit les plages blanches de Ciboure, Saint Jean de Luz, Biarritz. Des noms connus mais des endroits où je ne suis jamais allé. C’est très mignon.
Je m’arrête à Saint Jean de Luz pour un pique-nique sur la plage et une petite baignade. Elle est fraîche mais parfaitement adaptée aux adeptes de bains revigorants.
Je poursuis le chemin côtier. Les  voyageurs à vélo sont plus nombreux aujourd’hui que tout ce que j’ai pu voir en trois semaines. Il faut dire qu’on est au terme de la Velodyssée un dimanche de long weekend. Du coup on papote un peu.
À Biarritz j’arrive à la fin du marathon qui a eu lieu ce matin. Les derniers courageux terminent les derniers kilomètres un peu à bout de force. Ils ont quand même de l’énergie pour répondre à mes encouragements. Apparemment, c’est un marathon difficile avec beaucoup de dénivelé. On verra ça en octobre quand on fera le semi de Saint Jean de Luz!
Finalement j’arrive à Bayonne vers 14h, après 70km sympas pour cette dernière journée, le tout sous un ciel clément, voire ensoleillé. Une bonne dernière journée de vélo donc.
J’essaie de négocier avec la dame de la SNCF pour prendre le train de 15h plutôt que celui de 17h. Mais rien à faire. C’est un non ferme et définitif. Ce n’est pas grave , je vais aller me promener dans Bayonne. Et finalement ça s’avère être une bonne idée.
Je tombe par hasard sur un Big Bang devant la cathédrale, j’en fait la visite (de la cathédrale, pas du Big Band), me promène dans la vieille ville et au bord de la Nive. C’est vraiment une ville agréable avec ses petites rues et ses maisons à colombages. Etaussi son gâteau basque!
Sur une des places, je salue un jeune cycliste qui se gave de beurre de cacahuètes. On finit par discuter. Il s’appelle Yann, il a 23 ans et il est parti pour 5 mois de voyage en France avec son vélo. Son projet est d’aller à la rencontre de personnes qui pratiquent le sport comme thérapie contre la maladie. Il en fait des portraits qu’il publie sur Facebook ou Instagram 
Son projet est vraiment très chouette. On papote une bonne heure. A priori on devrait se recroiser puisqu’il devrait passer à Andrésy en septembre. Je lui ai même proposer de passer par chacun et chacune de chez vous.
A 17h je monte dans le train pour Toulouse (en vrai pour Saint Gaudens puis Muret) où tonton François et tatie Nancy viennent me chercher pour que je n’aie pas les 10km de nationale à effectuer ce soir. Je les adore!
Dans le train, on se marre bien. Il y 5 vingtenaires vraiment sympas et on se raconte nos vies, nos voyages, nos aventures, nos projets, c’est vraiment une ambiance sympa. Une fin idéale, quoi.
Je vais donc arrêter de vous raconter ma journée ici, quelque part entre Pau et Lourdes (petite pensée pour Philippe et Laetitia avec qui j’ai fait ce trajet à vélo il y a deux ans).
Merci de m’avoir accompagné pendant ces 25 jours. J’ai adoré vous écrire ( je suis toujours aussi étonné que vous me lisiez, merci aussi pour ça), vous lire, vous sentir présents et présentes tout au long de ce voyage. 
C’était une belle aventure ces 1900km. Je suis content d’avoir parcouru toute cette magnifique côte atlantique et j’espère que ça vous a donné envie d’aller y jeter un oeil.
Si un jour l’envie vous prend de vous lancer dans ce type d’aventure, surtout n’hésitez pas! C’est tellement bien ! 
Et si vous voulez qu’on le fasse ensemble, avec plaisir.
Je vous redis merci merci et encore merci d’être là. 
Et promis je continuerai de vous raconter mes aventures pour un prochain voyage, où qu’il soit. En Patriarquie aussi.
Je vous embrasse très fort en attendant de vous revoir bientôt.

 

Hello hello

Je n’en reviens pas d’avoir échappé à la pluie toute la journée !

Je vous raconte…..

 

Ce matin j’ai été réveillé une fois de plus par des ronflements dans ma chambre d’hôtel. Les miens! Incroyable ! J’ai réussi à me gêner moi-même !

Il était quand même 8h, soit plus de 10h de sommeil. On dirait que j’en avais besoin….

 

Je prends le petit dej à l’hôtel et me mets en route vers 10h après avoir établi un plan d’attaque avec Caro pour préparer la visio que nous avons à 11h30 (il faut bien que je fasse croire que j’ai un métier de temps en temps). Je mets quand même une alarme pour ne pas oublier de m’arrêter dans un coin avec du réseau.

 

Je ne sais absolument pas où je vais aujourd’hui. D’habitude j’ai une vague idée de l’endroit où je vais finir par m’arrêter, mais aujourd’hui, rien!

Je suis à une soixantaine de kilomètres de Saint-Jacques si j’y vais en ligne droite. Et j’ai deux jours devant moi. Je décide donc de suivre la côte et de me laisser faire. C’est très agréable comme sensation.

 

Une petite pause d’une heure dans une boulangerie pour faire cette fameuse visio aussi inutile que surréaliste mais qui a au moins le mérite de voir Caro par écran interposé et qu’on puisse rire (jaune) ensemble à la fin de cette réunion.

 

Je remonte sur mon vélo et prends donc plus ou moins le bord de mer comme repère pour décider de ma route.

 

Je ne sais pas si vous avez regardé la carte ou polarstep, mais depuis Vigo, la côte est très découpée. En fait ce sont des bras de mer. Il y a le Rio de Vigo, le Rio de Pontevedra et le Rio de Arousa…. Et dans cette baie immense, il y a des îles, des presqu’îles, des ponts, des isthmes (je m’étais juré de le placer! Et j’imagine Nathan taper sur son téléphone pour vérifier la définition ! Et peut-être pas que Nathan d’ailleurs….). 

Ce qui est rigolo, c’est que quel que soit la direction suivie, il y a de l’eau en face. Et la terre que l’on aperçoit à 3 ou 4 kilomètres, il va falloir ou a fallu plus de 20 bornes pour l’atteindre.

 

Et tout ce paysage défile depuis une petite route qui tantôt longe le bord de mer, tantôt sillonne les vignes. C’est même la route du vin Rias Baixas. Mes connaissances oenologiques s’arrête au panneau indicateur. Mais ce qui est remarquable c’est que les vignes poussent en hauteur avec les ceps attachés à des poteaux de granit. Ça forme des pergolas grandes comme des terrains de foot avec un poteau de granit tous les 3 ou 4 mètres. C’est vraiment atypique! Et c’est peut-être ce qui fait de ce vin qu’il est à la fois enjoué et capiteux, racé sans pourtant être agressif, avec son corps racé, loyal et charpenté sans être astringent ni madérisé. Ne parlons pas de ses arômes fruités qui laisse remonter des effluves de cerise et des touches boisées….

 

Tout au long de la balade, je guette les nuages. De vrais gros nuages bien noirs qui se déversent sur les hauteurs alentour. Avec le vent de dingue qui me souffle globalement dans le dos (une première depuis deux semaines), non seulement je trace, mais je vais plus vite que la pluie qui arrive. Enfin pas vraiment, puisque vers 18h, une première goutte tombe. 

 

Elle tombe exactement au moment où j’arrive à un camping (je sais, j’ai le cul bordé de nouilles !). Je demande au proprio s’il a des logements à louer. Il me propose un bungalow à 50€. C’est trop cher. Je lui demande si je peux m’installer dans la salle polyvalente. Il accepte pour 15€50. Nickel !

 

Trois minutes plus tard, un déluge s’abat sur le camping. De l’eau, du vent, des trombes d’eau. On ne voit plus rien du bras de mer, juste un rideau de pluie.

Quand je vous dis que j’ai du cul!

 

Je regarde donc cette pluie s’abattre installé dans le canapé de la salle polyvalente avec son babyfoot et sa télé et en sirotant un Coca Cola dont la structure est sucrée et qui laisse en bouche un goût sucré avec des touches de sucre et des arômes de sucre.

 

Une fois la tempête calmée, je peux accéder à la douche puis sortir à l’auberge du coin pour me goinfrer d’une tortilla de patatas. Un régal après être journée bien chargée cyclistement parlant.

 

Demain c’est déjà le dernier jour (enfin presque, il restera une étape entre San Sébastien et Bayonne). Je pense arriver tôt à Saint Jacques et prendre le temps de jouer le touriste.

 

J’espère que vous allez bien et profitez pleinement de vos dernières journées de vacances pour les nordistes et de votre stage massé pour mes stagiaires préféré.e.s

 

Je vous embrasse.